Bivouac en montagne : règles, emplacement et préparation

Randonneur assis de dos à côté d'une petite tente de bivouac éclairée, sur un replat herbeux d'une vallée de montagne au crépuscule

Dormir sous la tente au-dessus de la vallée, voir la nuit tomber sur les crêtes, repartir avant les premiers randonneurs : le bivouac en montagne fait rêver beaucoup de marcheurs. La première question reste la même. A-t-on le droit de s’installer là ? En France, la réponse dépend de l’endroit précis où l’on pose son sac. Les règles ci-dessous viennent du portail officiel des parcs nationaux, qui les a actualisées le 17 février 2025. Elles changent d’un parc à l’autre, donc on les relit avant chaque sortie.

Bivouac ou camping sauvage : la différence qui compte

Les parcs nationaux définissent le bivouac de façon stricte. C’est une installation sommaire pour une seule nuit, souvent au cours d’une randonnée itinérante. On monte le campement le soir, on le replie le matin. La tente doit rester compacte, assez petite pour qu’on ne puisse pas s’y tenir debout, ou bien on dort à la belle étoile.

Tout le reste relève du camping sauvage, strictement interdit dans le cœur des parcs nationaux : rester plusieurs nuits au même endroit, s’installer en journée, étaler un camp avec grande tente, table ou chaises, dormir dans un véhicule, couper des branches pour aménager l’emplacement. Le format de la tente fait donc partie de la règle. Notre guide pour choisir une tente de bivouac détaille les modèles qui respectent ce cadre.

Randonneur de dos qui replie son bivouac au petit matin sur une grève de gravier en fond de vallée, petite tente verte, réchaud posé au sol et brume sur la rivière

Les règles dans le cœur des parcs nationaux de montagne

Le bivouac est possible dans la plupart des parcs nationaux, mais seulement à certains endroits et à certaines heures. Pour les massifs de montagne métropolitains, le portail des parcs nationaux indique :

  • Vanoise : en période estivale uniquement, de 19h à 8h, et seulement à proximité immédiate de certains refuges gardés, avec une réservation. Les modalités sont sur la page bivouac du Parc national de la Vanoise.
  • Écrins : entre 19h et 9h, à plus d’une heure de marche d’un accès routier ou des limites du cœur. Quelques sites plus proches sont tolérés près de refuges très fréquentés. Aux lacs de la Muzelle et du Lauvitel, seules les zones signalées par des panneaux sont autorisées. Détails sur la page bivouac du Parc national des Écrins.
  • Mercantour : entre 19h et 9h, à plus d’une heure de marche des limites du cœur ou d’un accès routier. Dans le site classé des Merveilles et de Fontanalba, uniquement sur les aires proches des refuges.
  • Pyrénées : entre 19h et 9h, à plus d’une heure de marche des limites du cœur ou d’un accès routier, avec des aires matérialisées autour de certains refuges. Dans la réserve naturelle du Néouvielle, seulement sur les aires des lacs d’Orédon et d’Aubert.
  • Cévennes : entre 19h et 9h, uniquement le long des GR et GRP, à 50 mètres maximum de part et d’autre du balisage. Certains tronçons sensibles sont interdits, à vérifier sur la carte réglementaire du parc.
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Deux parcs font exception : à Port-Cros, Porquerolles et dans les Calanques, le bivouac est totalement interdit en cœur.

Pour un grand itinéraire hors de ces parcs, les règles se vérifient étape par étape : celles du Tour du Mont-Blanc sont reprises dans notre article sur le Tour du Mont-Blanc sans guide.

Hors du cœur des parcs : se renseigner avant de partir

Hors du cœur, d’autres règles prennent le relais. Le portail des parcs le rappelle : les parcs naturels régionaux et les réserves naturelles ont leurs propres règles, et les communes peuvent aussi encadrer le bivouac selon leurs contraintes locales.

Dans l’aire d’adhésion d’un parc national, la zone qui entoure le cœur, le bivouac est autorisé, sauf dans les communes qui ont pris des mesures contraires. Le réflexe à prendre : consulter le site de l’espace protégé ou l’office de tourisme du secteur avant de fixer ses étapes.

Les gardes-moniteurs des parcs nationaux peuvent constater les infractions, et un bivouac non autorisé est puni d’une amende.

Choisir son emplacement

Une fois la zone autorisée trouvée, reste à placer la tente. Le portail des parcs nationaux cite plusieurs règles de bon sens : regarder le sens de la pente, se protéger du vent, éviter les cuvettes où l’eau s’accumule en cas d’averse. On prend aussi ses distances avec un troupeau ou une cabane de berger.

Si l’on bivouaque près d’un refuge, mieux vaut échanger d’abord avec le gardien. Il connaît les zones prévues pour les tentes et les consignes du moment. La nuit, on range ses vivres plutôt que de les laisser traîner autour de la tente.

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Préparer son bivouac : eau, matériel, itinéraire

Un bivouac réussi se prépare au moins autant que la randonnée elle-même.

L’itinéraire. Il s’adapte à la saison, à la météo des jours passés et au niveau du groupe. Des intempéries peuvent avoir abîmé un sentier ou coupé une route d’accès, ce qui allonge l’approche.

L’eau. On repère les points de ravitaillement sur la carte, en gardant en tête que certaines sources tarissent selon la saison. Un système de purification peut s’avérer utile.

Le matériel. Carte topographique, matelas, duvet, lampe : les nuits restent fraîches en altitude, même en été. Le feu est interdit dans les parcs nationaux, il faut donc un réchaud pour cuisiner. On emporte aussi des sacs pour redescendre ses déchets. Pour le couchage et le confort du camp, notre article sur le camping confortable en trek donne des pistes.

Ne laisser aucune trace

Tous les déchets redescendent, y compris les restes biodégradables : sans collecte en pleine nature, ils attirent des animaux et peuvent dérégler le milieu. On ne prélève ni pierres ni fleurs.

Pour la toilette et la vaisselle, savon, shampoing et crème solaire polluent les lacs et les rivières. Les parcs conseillent de se laver à distance de l’eau, avec une cuvette souple, au-dessus d’une zone de graviers qui sert de premier filtre.

Reste le sujet que personne n’aime aborder. Brûler ou enterrer son papier toilette n’est pas anodin, et le feu est de toute façon interdit en cœur de parc. Mais le plus propre consiste à le rapporter dans un petit sac dédié, en s’éloignant des cours d’eau et des pentes qui les surplombent. S’il y a des toilettes sèches à proximité, c’est encore mieux.

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Enfin, pas de musique. Le cœur d’un parc national est un espace de quiétude, pour la faune comme pour les autres randonneurs.

Les règles de sécurité

Le portail des parcs nationaux rappelle quelques consignes simples :

  • vérifier la météo avant de partir, par exemple sur le bulletin montagne de Météo-France ;
  • choisir un itinéraire adapté au niveau de tous les participants ;
  • emporter de quoi faire face aux imprévus, dont une trousse de premiers soins (notre liste pour composer sa trousse de secours de randonnée), un sifflet et un couteau ;
  • ne pas partir seul, ou prévenir un proche de son itinéraire ;
  • garder un moyen d’alerte pour joindre les secours au 112.

Un premier bivouac : y aller par étapes

Pour une première nuit dehors, les parcs nationaux conseillent la progressivité. Savoir planifier une randonnée à la journée, lire une carte topographique, avoir déjà campé et testé son matériel : autant de prérequis avant de viser une longue itinérance en autonomie.

Mieux vaut commencer dans un lieu connu ou près d’un refuge. On peut aussi partir avec des personnes expérimentées, un accompagnateur ou un guide de montagne, une fédération ou une association. Les refuges restent une bonne école de la montagne avant de se lancer seul.

Questions fréquentes

Peut-on faire un feu de camp en bivouac ?

Pas dans le cœur d’un parc national, où l’usage du feu est interdit. Il faut prévoir un réchaud.

Peut-on rester deux nuits au même endroit ?

Non, dans un parc national. Le bivouac se limite à une seule nuit ; au-delà, on parle de camping sauvage, interdit en cœur de parc.

Le bivouac est-il autorisé partout ailleurs en montagne ?

Pas forcément. Parcs naturels régionaux, réserves naturelles et communes peuvent fixer leurs propres règles. On se renseigne auprès de l’espace protégé ou de l’office de tourisme local.

Avant de partir, relisez la page officielle sur le bivouac des parcs nationaux et la page du parc que vous visitez : ce sont elles qui font foi. Pour aller plus loin sur les risques en itinérance, notre article sur la sécurité en trekking complète ce guide.

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